La valeur de l’art : entretien avec Dave Beech

La figure de l’artiste est, ces derniers temps, mise en cause pour son appartenance incertaine à la classe travailleuse, voire pour sa complicité dans l’embourgeoisement des quartiers populaires. L’émergence d’un marché de l’art hautement spéculatif, l’hégémonie des industries culturelles et l’appropriation de l’art contemporain par les multinationales n’ont pas manqué d’entamer encore davantage la réputation des artistes. Au-delà de tout moralisme, Dave Beech propose, dans cet entretien avec Sophie Coudray, de donner une perspective historique à ce débat. Selon lui, la sphère de l’art est parvenue à conserver son autonomie par rapport au capitalisme et à la subordination du travail à la logique marchande. Dans ce contexte, Beech plaide salutairement, avec pédagogie, pour une approche renouvelée de la théorie marxiste de la valeur face au fait esthétique, et mène une polémique âpre contre les thèses très en vogue du « travail digital ».

Il faut à tout ce monde un grand coup de fouet. Mouvements sociaux et crise politique dans l’Europe médiévale

L’histoire est un champ de bataille, c’est aussi le cas au Moyen Ầge. Grèves de loyers et de taxes, hérésies communistes, libération sexuelle et luttes des femmes pour le contrôle des naissances, telles sont les aventures méconnues des pauvres et des prolétaires en Europe entre le XIIe et le XVe siècle. Dans ce premier chapitre de « Caliban et la sorcière », publié en exclusivité avec l’aimable autorisation des éditions Entremonde, Silvia Federici fait le récit de ces révoltes antiféodales, et de la contre-révolution aux origines du patriarcat moderne. La sortie de cet ouvrage féministe majeur est prévue pour juin 2014.