Théorie sociale et mondialisation : l’avènement de l’État transnational

Le plus souvent, la mondialisation est présentée comme un processus qui se joue indépendamment voire contre les nations. Dans cet article classique, William Robinson remet en cause ce diagnostic, qui repose sur une séparation entre l’État et le marché ou entre le national et le mondial. Il propose à l’inverse de reconstruire une théorie marxiste du rapport de l’État à la mondialisation capitaliste. Il émet ainsi l’hypothèse de la formation d’un État transnational dans le cadre de la restructuration néolibérale du capitalisme initiée dans les années 1970. L’État transnational est l’institution d’une nouvelle classe capitaliste transnationale, qui reconfigure le rapport capital-travail à l’échelle mondiale. Loin de disparaître, les États nationaux se voient intégrés à cet appareil étatique émergent qui dessine l’horizon des luttes émancipatrices contemporaines.

Politiques sexuelles et besoins sociaux : pour un féminisme marxiste

Dans le sillage des études et des mouvements queer, les identités sexuelles n’ont jamais autant fait l’épreuve d’une attention et d’une élaboration critique. Il est désormais d’usage de critiquer un mouvement gay et lesbien mainstream, de débattre ou de chercher à élargir les coalitions lesbiennes, gay, bi, trans (LGBT), ou encore de proposer une refondation queer des politiques sexuelles. Rosemary Hennessy propose ici de s’appuyer sur l’approche marxiste des besoins sociaux pour reconceptualiser les liens entre identités et rapports sociaux. Elle fait l’hypothèse d’une refondation marxiste et féministe des politiques sexuelles, appuyé sur la pluralité et l’étendue des besoins réprimés par le capitalisme.

Comprendre la violence sexiste à l’ère du néolibéralisme

Dans cet article, Tithi Bhattacharya se propose d’historiciser et donner une compréhension d’ensemble à la progression des crimes sexistes dans le monde depuis la crise économique. Mettant à profit les intuitions et les hypothèses du féminisme marxiste, elle expose les liens complexes entre l’idéologie de la tradition, les difficultés d’accès au produit social et les stratégies du capital à l’ère du néolibéralisme.