Le concept de fétichisme dans la pensée de Marx (Éléments pour une théorie marxiste générale de la religion)

Marx est encore trop souvent rangé parmi ces théoriciens qui ne voient dans la religion qu’une illusion ou un instrument de domination idéologique. Parcourant l’ensemble du corpus marxien, Enrique Dussel s’oppose à cette idée reçue et identifie chez l’auteur du Capital une distinction entre l’essence utopique de la religion et ses manifestations fétichisées. Comme tout phénomène social, la religion apparaît ainsi comme un phénomène contradictoire que les luttes d’émancipation se doivent de politiser.

Salaire, gentil miroir…

Marx, c’est bien connu, exposait les fantasmes et les illusions produites par la marchandise. Mais ces fantasmagories ne sont pas si irréelles. L’idéologie et la marchandise fonctionnent comme des trompe-l’oeil, des pièges visuels qui confondent, identifient et rapprochent des figures bien réelles : travailleur, objets, or, argent. Dans ce texte, qui relève autant de l’exercice de marxologie que de l’expérience littéraire, Jean-Pierre Lefebvre s’attache à explorer les métaphores du miroir, de la lumière et de l’optique, afin de relire le Capital comme une savante déconstruction du montage enchanteur qu’est l’économie.

Sur le marxisme japonais

Le marxisme japonais est presque ignoré dans le monde francophone. Pourtant, Marx est intensément débattu au Japon depuis les années 1920. Elena Louisa Lange, philosophe et spécialiste du marxisme japonais, nous introduit ici aux grands moments de la réception japonaise de la théorie marxiste : sur la nature du capitalisme japonais, la réélaboration de notions issues du « marxisme occidental » (réification, aliénation, etc.) ou encore autour de l’interprétation du « Capital ». Elle attire ainsi notre attention sur les risques d’une théorie étroitement économiciste et sur la richesse des nouvelles lectures de Marx.