L’Internationale des romanciers

Aux côtés du grand récit moderniste se dessine une autre histoire de la littérature au XXe siècle : de la « littérature prolétarienne » au « roman mondial » contemporain, une histoire transnationale des grands enjeux esthétiques qui ont traversé ce siècle se fait jour, donnant toute sa place à la question sociale et politique. De l’impact de la révolution d’Octobre 1917 aux mouvements de décolonisation, en passant par le premier réalisme socialiste et le réalisme magique sud-américain, c’est la trajectoire de cette « internationale des écrivains » que Michael Denning s’attache à reconstituer dans cet article, nous proposant par là une véritable contre-histoire populaire des formes culturelles.

Littérateurs de tous les pays, unissez-vous !

Le concept récent de « littérature mondiale » pose un défi considérable à la théorie marxiste du langage. Que faire de l’hégémonie de l’anglais sur toute la réception littéraire, notamment des pays du Sud ? Comment remettre en cause l’eurocentrisme au sein des études littéraires ? Jean-Jacques Lecercle propose une analyse de cette conjoncture et décrit les interventions théoriques qui ont cherché à résoudre cette contradiction. Dans cette entreprise, il fait état de la vitalité et de la résilience d’une philosophie marxiste du langage à même de penser l’universalité de la mondialisation du capital (et des résistances qu’elle rencontre), ainsi que la multiplicité des expériences et dialectes subalternes.