Vers un nouveau départ. Une alternative à la micro-secte

Pour une certaine doxa militante, « au commencement était le groupuscule » : le « parti révolutionnaire » serait d’abord une micro-secte qui évoluerait, au fil de la lutte des classes, vers un parti de masse. Comme le souligne Hal Draper ici, aucun parti de masse n’a suivi ce chemin et ni Marx ni Lénine n’ont jamais théorisé un tel développement. Cette « anatomie de la secte », exercice à la fois ludique et autocritique, est destiné à rétablir une vision plus juste de la politique révolutionnaire telle qu’elle a existé. Elle fut écrite à l’heure d’une ébullition groupusculaire au sein de la nouvelle gauche aux États-Unis, en 1971. Draper revient sur l’histoire des organisations auxquelles il a contribué et retrace les origines de l’involution sectaire du communisme et du trotskisme. Il propose en outre une autre perspective pour la politique révolutionnaire organisée : construire des « centres politiques ».

Radical America (1967-1987) : redécouvrir une tradition révolutionnaire. Entretien avec Paul Buhle

Radical America a pris naissance en 1967 à l’initiative de Paul Buhle. Cette revue d’histoire radicale a mené des enquêtes approfondies et novatrices sur les luttes sociales de l’époque (des luttes de libération noires aux mouvements féministes), fait retour sur l’histoire sociale et politique américaine et a fait connaître aux États-Unis des courants politiques émergents comme l’autonomie ouvrière italienne. Cet entretien avec Paul Buhle est l’occasion de revenir sur cette expérience importante de la nouvelle gauche étudiante des années 1960-1970, sur la conjoncture historique qui l’a vue naître, et sur ce que pourrait signifier un usage radical et révolutionnaire de l’histoire des luttes sociales. Radical America ou l’idée d’un « passé à réactiver », comme pour mieux insister sur les temporalités fondamentalement discordantes que mobilise la mémoire des mouvements politiques d’émancipation.