Brûler, habiter, penser. À propos de À nos amis du Comité Invisible

Dans À nos amis, le Comité invisible a tenté de produire un diagnostic global sur les traits marquants de « l’époque », c’est-à-dire sur les formes inédites de pouvoir qui structurent notre monde, les impasses des mouvements sociaux contemporains, la nécessité de briser la machine sociale. Pour Alberto Toscano, ce diagnostic souffre d’une faiblesse majeure : il repose sur une métaphysique de la « vie » qui enferme la réflexion du Comité invisible dans une éthique et empêche d’examiner à fond les perspectives ouvertes par le texte.

Technique et capitalisme : entretien avec Andrew Feenberg

La critique de la technique oppose souvent une technophilie béate et apolitique à une technophobie tendanciellement réactionnaire. Dans cet entretien, Andrew Feenberg propose de dépasser cette alternative inopérante. S’appuyant sur la « philosophie de la praxis » élaborée par Lukács, Marcuse et Adorno à la suite de Marx, il replace la « question de la technique » dans son contexte social et historique : c’est seulement du point de vue des luttes (luttes contre l’accès inégalitaire au savoir technique, contre ses effets néfastes sur la société ou pour un usage libre et collectif de ses possibilités), que peut s’élaborer une connaissance adéquate des systèmes techniques.

Sur le marxisme japonais

Le marxisme japonais est presque ignoré dans le monde francophone. Pourtant, Marx est intensément débattu au Japon depuis les années 1920. Elena Louisa Lange, philosophe et spécialiste du marxisme japonais, nous introduit ici aux grands moments de la réception japonaise de la théorie marxiste : sur la nature du capitalisme japonais, la réélaboration de notions issues du « marxisme occidental » (réification, aliénation, etc.) ou encore autour de l’interprétation du « Capital ». Elle attire ainsi notre attention sur les risques d’une théorie étroitement économiciste et sur la richesse des nouvelles lectures de Marx.